Edito

Alors ça y est, j'ai sauté le pas, je l'ai fait, mon blog. Au départ, j'osais pas, trop pudique. Mais il faut vivre avec son temps et les exigences de son métier. Je fais donc de ce blog une vitrine de certains de mes articles, publiés ou non (de ce fait, ils le seront), agrémentée de billets d'humeur sur l'air du temps, et de quelques commentaires si vous le désirez (pensez aux autres lecteurs, ils adorent ça). Ma vie privée sera peut-être dévoilée ici ou là, au gré de mes textes, ou peut-être pas : on ne sait jamais jusqu'où le "je" peut mener. Rédacteurs en chef du Figaro, directeur de publication de Libé... n'hésitez pas à cliquer sur le lien "Contact" en bas de page. Je plaisante, c'est open pour tout le monde.
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La ville projette des transformations d’ampleur afin d’asseoir son statut de métropole et de renforcer son attractivité.

 

Des projets ambitieux transformeront bientôt les quartiers phares de la ville de Tours (Indre-et-Loire), aux abords du passage de la future ligne de tramway.

Le gare, classée monument historique, sera ouverte côté ouest pour permettre un accès direct au nouveau moyen de transport en commun. Face à cette entrée s'élèveront deux tours, de 30 m et 58 mètres. « La plus haute abritera une résidence de tourisme trois étoiles et des commerces. La plus basse, des bureaux. Le permis de construire sera déposé en juin », explique Alain Gourdon, l’architecte en charge du projet. « L’idée, c’est de jouer le contraste avec la blancheur de la pierre de la gare tout en lui rendant hommage grâce à des reflets », mais aussi « d’ouvrir le quartier vers le sud de la ville grâce à la finesse des tours ».

De part et d’autre du haut de la rue Nationale, au-dessus des quais de la Loire, deux hôtels, dont un quatre étoiles, devraient voir le jour. Les galeries commerciales seront réaménagées. Et un centre d’art contemporain, qui accueillera la fondation Olivier-Debré, prendra place au sein de l’actuelle école des beaux-arts. Celle-ci sera transférée dès l’année prochaine dans l’ancienne imprimerie Mame, futur pôle des arts graphiques et de l’image.

 

Villas sur le toit

 

Dans le nord-ouest du moderne quartier des 2 Lions, un « village vertical » fera son apparition. Il s’agira de bâtiments semblant tenir sur pilotis. Constitués d’une série de plateaux destinés à des PME, leurs toits seront aménagés pour accueillir une quinzaine de villas modulables ! Ils côtoieront une tour d’habitation et une tour de bureaux posées sur un socle commun.

Les casernes Chauveau et Beaumont, au coeur de la ville, seront quant à elles reconverties en quartier « développement durable » à partir de 2012-2013 et hébergeront à terme les services administratifs de l’université, des logements étudiants et un restaurant universitaire.

« Le but, c’est d’assumer un statut de métropole dynamique située au coeur de la troisième région touristique de France », conclut Alain Devineau, adjoint (PS) en charge de l’urbanisme.

 

 

Trois axes de mutation

 

Signaux urbains

Les nouvelles tours auront pour mission de donner une dimension plus contemporaine à la ville et de la faire rayonner bien au-delà de ses limites.

 

Tramway

Sa mise en service en septembre 2013 est un élément moteur des opérations urbaines majeures à venir à Tours, situées près de son tracé.

 

Agriculture de proximité

Près de 50 ha du nord de la ville seront classés en zone agricole cette année. Des vignes produisant une AOC Vouvray et des légumes pourront y être cultivés.

 

 

Alexandra Chanjou

 

 

(Publié dans France-Soir, page Régions, le 24 février 2011)

 

 

Prison de Niort

 

Deux surveillants de la maison d’arrêt de Niort ont rédigé un rapport contre sa fermeture.

 

« La maison d’arrêt de Niort figure sur la liste des établissements que le ministère de la Justice prévoit de fermer en 2015 pour vétusté. On a décidé de démontrer que c’est une erreur ! », expliquent Thomas Thiefine et Jérôme Garnier, surveillants à Niort et représentants FO pénitentiaire et Ufap.

Et pour ce faire, pas de coup de force mais plutôt un coup de maître : la rédaction d’une synthèse détaillée sur ce centre de détention visant à prouver non seulement qu’il n’est pas vétuste malgré son grand âge, mais aussi qu’il est plus économique, plus humain et respectueux des lois pénitentiaires que les grandes prisons modernes. « Nous nous sommes appuyés sur les dix derniers rapports d’activité de l’établissement, les témoignages du service d’insertion et de probation ainsi que d’un professeur et d’une psychologue qui travaillent ici. Et nous avons établi des comparaisons avec les centres pénitentiaires de Mont-de-Marsan et Vivonne, respectivement ouverts en 2008 et 2009. »

 

Chiffres éloquents

 

Selon ce document remis aux élus locaux et au ministère de la Justice, un détenu incarcéré à Niort coûte 10,66 € par jour au contribuable contre 26 € à Mont-de-Marsan et 34 € à Vivonne. Le budget de fonctionnement est de 400000 € par an à Niort et... de 7 millions à Mont-de-Marsan et Vivonne. Alors qu’un seul décès est recensé à Niort depuis quinze ans, huit suicides de détenus sont déjà relevés à Mont-de-Marsan. Trois agressions sur le personnel ayant entraîné une interruption temporaire de travail ont été signalées à Niort, contre quinze à Mont-de-Marsan et cinq à Vivonne. Le temps d’intervention est de trente secondes à Niort, bâtie en demi-cercle, au lieu de de trois à douze minutes à Mont-de-Marsan et Vivonne. « Les conditions de détention et de travail sont également exemplaires », conclut Thomas Thiefine, qui espère que le ministre de la Justice viendra le constater sur place et annulera sa décision.

 

Alexandra Chanjou

 

(Publié dans France-Soir, page Régions, le 10 mars 2011)

 

 

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La recette de la « confiture de cochon » est désormais à l’abri d’éventuelles copies.

 

Le cahier des charges de l’indication géographique protégée (IGP) des rillettes de Tours a été publié au Journal Officiel français en décembre dernier. Il faut encore qu’il le soit au Journal Officiel européen d’ici la fin de l’année et qu’aucun Etat membre de l’Union européenne ne s’y soit opposé entre-temps pour valider l’IGP. Il n'empêche. La recette est dorénavant protégée. Pour utiliser l’appellation « Rillettes de Tours », il faut être adhérent de l’interprofession porc et rillettes de Touraine et avoir subi un audit. A partir de fin de ce mois, des sanctions pourront être appliquées à l’encontre des contrevenants. Une victoire pour James Doiseau, président de l’interprofession, qui se bat depuis 1999 pour obtenir l’IGP et voit enfin le bout du tunnel. « On a mis tous nos savoir-faire sur la table et gardé le meilleur de chacun, affirme-t-il. Notre objectif est que les rillettes de Tours soient aussi connues que les rillettes du Mans, en France comme à l’étranger. »

 

300 tonnes d'ici cinq ans

 

La production de 40 tonnes annuelles pourrait atteindre 300 tonnes d’ici cinq ans. Et plus de 200 opérateurs pourraient s’ajouter aux vingt existants en Indre-et-Loire et dans les cantons limitrophes, excepté ceux de la Sarthe. Fini le complexe d’infériorité donc. « Il ne faut pas oublier que c’est à Tours que les rillettes ont été inventées au XVème siècle par des paysans. Rabelais fait référence à ce met dans le Tiers Livre. Balzac en a aussi fait l’éloge. Si leur industrialisation a été plus forte dans la Sarthe par la suite, c’est à cause de l’arrivée tardive du chemin de fer à Tours », poursuit James Doiseau. Les rillettes tourangelles seraient plus goûteuses et moins grasses que les mancelles du fait d’une phase de rissolage, d’une cuisson de la viande (de porc ou de coche) à découvert pendant au moins cinq heures et demie et d’un coup de feu final leur conférant une coloration brune et un goût légèrement caramélisé.

 

Alexandra Chanjou

 

 

(Publié dans France-Soir, page Régions, le 15 mars 2011)


 

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                 Michel Audiard compte lancer la construction de sa Femme Loire avant l'été prochain.

                 Crédit photo : Alexandra Chanjou.

 

 

Le projet de construction d'une sculpture monumentale représentant une femme nue à proximité d'un lieu saint inscrit au patrimoine de l’Unesco suscite l’émoi chez certains catholiques et élus tourangeaux.

 

« Dites non à la Femme Loire », « Une œuvre païenne sur un haut lieu du monachisme », « Que la Femme Loire aille en enfer ! ». Le projet de sculpture de 40 mètres sur 17 de Michel Audiard - dont les célèbres stylos trônent chez Bill Clinton, Madonna ou Erik Orsenna - n’en finit pas d’alimenter les critiques, sur Internet comme dans les rues de Tours (Indre-et-Loire). Une pétition « Pour que la Femme Loire soit implantée ailleurs qu’à Marmoutier », lancée voilà quelques jours sur le site Mesopinions.com par un collectif « apolitique regroupant des amoureux de Tours et des coteaux de la Loire qu’ils ne veulent pas voir défigurés », a déjà recueilli plus de 3000 signatures. Elle met en avant la valeur religieuse et historique de l’abbaye de Marmoutier en dénonçant les dégradations qu'occasionnerait la fameuse sculpture à ce paysage inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco. Elle sera remise au maire de Tours et au préfet d’Indre-et-Loire mi-janvier. Des démarches auprès de l’Icomos, ONG consacrée à la préservation et à la mise en valeur du patrimoine architectural, urbain et paysager, auraient aussi été entamées par le collectif.

 

Catholiques blessés

 

« Imaginer une statue d’une telle ampleur représentant une femme nue, lascive, les seins à l’air dans un lieu saint, au-dessus des fouilles de l’ancienne abbatiale, c’est difficile », confesse Lionel Béjeau, l’un des premiers signataires, président du comité de quartier « Vivre ensemble à Sainte-Radegonde ». Pierre Cappelaere, coordinateur de l’Institution Marmoutier, établissement privé catholique d’enseignement bâti au sein du clos de l’abbaye, regrette de ne pas avoir été averti. « Le problème, c’est son emplacement par rapport à l’histoire du lieu, premier monastère européen, fondé par Saint-Martin et classé monument historique. Qu’il l’expose au salon de l’érotisme ! » Alors que des groupuscules extrémistes, tels celui des Intransigeants - des étudiants catholiques qui invitent sur leur site à travailler et à prier « pour l'anéantissement de ce projet infâme et dégénéré » - , s’emparent du sujet, le diocèse de Tours refuse de s’exprimer sur l’affaire.

 

Désaccords politiques

 

La polémique s’est aussi invitée sur le terrain politique. Pascal Ménage, conseiller municipal UMP, regrette d’avoir voté voilà deux ans pour l’attribution d’un bail emphytéotique de cinquante ans en faveur de l’artiste et estime qu’il y a « un degré de provocation » et que « cette sculpture serait bien mieux sur une île de la Loire. » Christophe Rossignol, élu Verts, réclame le résultat des études géotechniques prouvant qu’il n’y a aucun risque d’éboulement. Yves Dauge, sénateur PS d’Indre-et-Loire à l’initiative de l’inscription du Val de Loire au Patrimoine mondial, se dit « réservé » et invite Michel Audiard à consulter l’Unesco. Jean Germain, maire PS de Tours, argue que « l’endroit est adapté. La hauteur a été calculée pour ne pas dépasser la cime des arbres du coteau. Et les services de l’urbanisme vérifieront avec le syndicat des cavités qu’il n’y a pas de problème de sécurité. »

 

Lettre ouverte

 

Michel Audiard, quant à lui, se moque des critiques de ses détracteurs, qu’il assimile à « un tissus de conneries ». « Je ferai une lettre ouverte où je leur répondrai point par point avec humour. C’est une belle publicité en tout cas ! »Hors de question pour le sculpteur de renoncer à l’emplacement prévu, qui domine la ville et sera visible de l’autoroute.

La Femme Loire sera financée grâce au mécénat et à un apport personnel du sculpteur de 385000 €. Sa construction, qui coûtera environ 2 millions, devrait démarrer avant l’été et se terminer en 2013. Recouverte d’une résine naturelle couleur « sable de Loire », elle sera constituée d’une charpente en bois, de carton de récupération, de plâtre et de chaux. A terme, l’œuvre pourrait accueillir expositions et spectacles. Un site Internet détaillant le projet devrait être mis en ligne le 10 janvier.

 

Alexandra Chanjou

 

(Publié dans France-Soir, page Société, le 20 décembre 2010)

 

Fresque Blois 

 

Une immense fresque de photos du nord de la ville sera dévoilée aujourd'hui.

 

Un graffiti qui rend hommage à Michael Jackson, des enfants jouant dans une cour d’école, un immeuble en démolition, une fête… Les 677 photos qui constituent Pixel, la fresque de plus de trente mètres de long installée à partir d'aujourd'hui devant la Maison de Bégon, sont aussi éclectiques qu’émouvantes, tout comme les quartiers nord populaires qu’elles ambitionnent de refléter. « La Ville de Blois nous a sollicités en mars 2010 pour monter un projet qui amène les habitants des quartiers nord, qui subissent de profondes mutations urbaines depuis 2003, à parler de leur lieu de vie dans le cadre d’un travail de mémoire. La photo s’est très vite imposée », explique Guillaume Lemoine, directeur de la Maison de Bégon, maison culturelle de Blois. Au final, entre septembre et novembre 2010, près de 300 personnes ont fourni 3300 clichés, axés sur près de dix thèmes allant de la construction aux scènes de vie en passant par l’artistique insolite.

 

Rétroéclairage la nuit

 

« On ne s’attendait pas à tant d’enthousiasme ! Certains arrivaient avec un disque dur plein à craquer », poursuit Guillaume Lemoine, qui précise que quelques participants ont bénéficié des conseils, voire des gestes, de deux professionnels. Un mois de tri a suivi avant qu’un infographiste se charge de l’assemblage et que l’impression soit réalisée sur treize panneaux de Plexiglas. « Ce qui en ressort, c’est la nostalgie de ceux qui sont partis vivre ailleurs, l’espoir ou l’absence d’espoir de ceux qui sont restés dans ces quartiers sensibles de plus de 20000 habitants où réside un tiers des Blésois. Les émotions prendront encore plus de profondeur la nuit grâce à un rétroéclairage par LED », affirme Mohamed Nechnech, médiateur culturel.

La fresque devrait rester deux mois devant la Maison de Bégon avant de rejoindre la place du château jusqu’en septembre et, par la suite, la cour de l’école Jules-Ferry ou un quai de la gare. Une exposition temporaire hors de Blois est également envisagée.

 

Alexandra Chanjou

 

(Publié dans France-Soir, page Régions, le 12 avril 2011)


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